22 ET 23 OCTOBRE 2004, MONTRÉAL, QUÉBEC, CANADA
Le champ de la génoéthique s'organise de nos jours dans la tension entre, d'un côté, les approches juridique et légale qui s'imposent de plus en plus, et, de l'autre, l'entrée en scène de bioéthiciens qui s'interrogent, dans des perspectives sociologiques, anthropologiques et politiques, sur la dimension techniciste de nos sociétés. Entre ces deux groupes, l'immense espace jadis occupé par les bioéthiciens humanistes, des philosophes et des théologiens, s'est redéployé, se reconfigurant pour pouvoir mieux se faire entendre dans un contexte intellectuel de plus en plus laïcisé. La génoéthique est aussi travaillé par le souci de démocratiser les débats, par le désir de contrôler davantage les activités biotechnologiques et par l'évaluation critique de la dimension techniciste de notre médecine. Tout le monde est convaincu qu'il est urgent de dépasser le formalisme procédural, nourri de légalisme, qui structure la recherche génétique si l'on veut pouvoir poser les questions de fond que soulèvent les activités des généticiens, depuis les tests de dépistage à l'intervention sur les génomes, depuis la collecte des spécimens biologiques à leur stockage dans des biothèques. Le thème proposé pour ce colloque est celui des implications actuelles et futures de la médecine prédictive (génétique), de ses enjeux sur la pratique clinique et sur la santé des populations, et de ses liaisons à la politique et à l'économie. On se demandera, entre autres, si nos services de santé seront en mesure de s'adapter, et à quel rythme, à la médecine prédictive, si ce nouveau virage de la médecine viendra renforcer les inégalités sociales en matière d'accès à la santé et si nos systèmes publics de santé seront capables de financer la médecine prédictive. >> |  |