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Textes de conférences disponibles
L'OMS la dimension culturelle de la santé et les droits de l'homme
Claudine Brelet
Docteur en sciences sociales, ancien membre du personnel de l'OMS, lauréate de l'Académie française, Paris
Initiative multi-partenariale de santé publique urbaine à Libreville / Owendo (GABON)
Thierry Coffinet
Maison de la santé publique et du Développement social, Gabon
Les trois tempêtes
François Dagognet
Professeur émérite de Philosophie – Université Paris I Panthéon-Sorbonne
Les biotechnologies en médecine
Claude Debru
Professeur de Philosophie des sciences, Ecole Normale Supérieure, Paris
Les défis actuels du droit médical face à l’éthique
Francine Demichel
Professeur, agrégée des Facultés de droit, Université de Paris 8, France
La médecine entre «hubris» et «phronésis»
Dominique Folscheid
Professeur de philosophie, Université de Marne-la-Vallée, France
Diseases of modernity and biomedical moralities
Anastasia Karakasidou
Department of Anthropology, Wellesley College, Massachusetts, USA
Les méthodes prophylactiques et les pratiques soignantes des maladies d'ordre gynécologique (sans recours aux médicaments) chez les jeunes filles de la société moderne
Tatyana Kovalenko
Université de Volgograd, Russie
Des espaces de réflexion éthique : pour quoi faire ?
Pierre Le Coz
Maître de conférence en philosophie, Faculté de Médecine de Marseille, Membre du Comité Consultatif National d’Ethique pour les Sciences de la Vie et de la Santé (CCNE), Membre de l’Agence nationale de la biomédecine (ABM), Docteur en science de la Vie et de la Santé, Directeur de Rédaction de la revue d’Ethique « Forum » de l’Espace Ethique Méditerranéen de Marseille
Expérience de terrain. Confrontation inter et transculturelle : France - Togo - Guinée Conakry - Gabon
Gontran Pierre Marie Maka
Médecin, Cabinet médical ANYAMBYE AKEWA, Libreville, Gabon
Initiative multi-partenariale de santé publique urbaine à Libreville / Owendo (GABON)
Gervais Mbita Truffault
Médecin, Consultant Coordinateur de la Maison de la Santé Publique et du Développement Social / Projet de Santé Publique Urbaine - Libreville
Le Brésil - le Programme de Santé de la Famille: pratiques et enjeux
Maria Guadalupe Medina
Médecin, Salvador de Bahia, Brésil
Les rebouteux : place de ces tradipraticiens dans la prise en charge des traumatismes de l'appareil locomoteur
Abdeljalil Moulay
Médecin, Rabat, Maroc
Les rebouteux : place de ces tradipraticiens dans la prise en charge des traumatismes de l'appareil locomoteur
Khireddine Mourad
Université El Cadi Ayad, Marrakech, Maroc
La santé comme authenticité
Patrick Paul
Professeur associé H.D.R en Sciences de l'éducation, Université François Rabelais, Tours
Le moment est venu d'être modeste
Philippe Pignarre
Éditeur des Empêcheurs de penser en rond, Paris
Diversité culturelle et médecine traditionnelle à Madagascar : Impasses et opportunités
Philippe Rasoanaivo
Institut Malgache de Recherches Appliquées, Antananarivo, Madagascar
Ethique médicale interculturelle
Didier Sicard
Président du Comité Consultatif National d'Ethique, Paris, France
EXPÉRIENCE DE TERRAIN ET DE MÉDECINE COMMUNAUTAIRE
Les méthodes prophylactiques et les pratiques soignantes
des maladies d'ordre gynécologique (sans recours aux médicaments) chez les jeunes filles de la société moderne
Tatyana Kovalenko
Université de Volgograd, Russie

Le progrès scientifique et technique, les changements radicaux du rythme de vie chez l'homme moderne, la part du travail physique qui devient de plus en plus petite devant la hausse des tensions émotionnelles et psychologiques ont créé des précédents dans le développement de l'hypokinésie et ont amené à une dysharmonie entre les régulateurs de l'état et la fonction de l'organisme féminin.
Les chercheurs russes considèrent qu'environ 80 % des maladies de notre temps sont liées aux méfaits de l'influence de l'environnement. La société prend de plus en plus conscience du rôle prioritaire de l'écologie, et l'homme moderne s'aperçoit avec force qu'il n'est pas protégé devant d'éventuelles catastrophes écologiques.
Il suffit de noter qu'actuellement le taux de naissances d'enfants avec des anomalies génétiques s'est accru. L'intense activité économique de la société, les nouvelles conditions de vie et de travail ont brusquement accéléré la détérioration de l'environnement. Le nombre de maladies a augmenté, des maladies inconnues jusqu'à ce jour sont apparues, transformant le statut génétique et immunitaire de l'homme.
La baisse du taux de naissance et la hausse du taux de mortalité en Russie, ces dix dernières années, ont généré une « disbalance » entre les deux indices démographiques. Par conséquent il n'y a pas d'accroissement naturel de la population.
En Russie les problèmes liés à la préservation de la santé de la société en général, de ses différents groupes socio-démographiques, et en particulier de la nouvelle génération, ont acquis une importance primordiale.
Malgré les grandes possibilités d'adaptation de l'organisme féminin, une hausse d'anomalies dans les fonctions reproductives est observée ces dernières années, selon les données statistiques.
La préservation de la fonction reproductive de la jeunesse contemporaine doit être considérée comme un problème de grande importance
Ce problème prend effectivement une importance dans tout le pays, dans la mesure où l'état de santé de la jeune génération – particulièrement la santé reproductive – se présente comme une grande caractéristique potentielle des futures générations.
Le potentiel de repoductivité est la possibilité pour les jeunes filles en entrant dans l'âge de procréation de mettre au monde une postérité saine.
L'état du potentiel de reproductivité des jeunes filles de la société moderne s'avère particulièrement alarmant.
Dans beaucoup de régions la diffusion des pathologies gynécologiques chez les enfants est très grande. Par ailleurs, il est important de signaler que les statistiques officielles ne reflètent aucun état de choses réel, étant donné le refus des jeunes de s'adresser à des cliniques spécialisées.
L'accroissement des maladies chroniques chez les jeunes filles entrant dans l'âge procréatif et les maladies gynécologiques entraînent une baisse temporaire de la vie active, provoquent une stérilité, ne servent pas de bonne toile de fond dans l'arrivée d'une grossesse.
Les causes principales des premières et secondes stérilités sont les maladies inflammatoires des organes génitaux féminins, l'infantilisme (c'est à dire le sous-développement de l'utérus), et les anomalies des positions intérieures des organes génitaux.
Des sensations douloureuses marquées amènent à une vie sédentaire, ce qui aura pour conséquence la baisse du tonus des muscles, incluant les muscles de l'abdomen et du petit bassin, aggravant le cours du processus inflammatoire.
Souvent le processus inflammatoire se répand à la vessie, au gros intestin et au tissu cellulaire du petit bassin.
L'apparition de la grossesse sur un fond inflammatoire se termine par une interruption involontaire de cette dernière.
Selon les données statistiques, il n'y a que 45 % des personnes malades qui arrivent à obtenir une entière réhabilitation en ayant recours à des traitements médicamenteux. En outre les méthodes soignantes pratiquées n'amènent pas à une normalisation complète de l'activité hémodynamique du petit bassin (pelvis). On se trouve donc dans le besoin de chercher des moyens ne faisant pas recours aux médicaments, des méthodes « non-traditionnelles » pour la prophylaxie et les pratiques soignantes des maladies d'ordre gynécologique chez les jeunes filles. C'est dans ce contexte que les exercices physiques occupent une place importante parmi les méthodes non médicamenteuses de traitement des maladies des organes génitaux féminins.


Finalité de la recherche
Le but de notre recherche était d'augmenter l'efficacité des mesures prophylactiques et de santé dans le processus des cours d'éducation physique, dans les établissements d'enseignement supérieur et pour les étudiantes avec une pathologie gynécologique (anomalie de la position des organes génitaux et maladies inflammatoires)

Objectifs de la recherche :
choisir, selon un contrôle pédagogique et médical, les groupes d'étudiantes de première, deuxième, troisième et quatrième années d'études supérieures manifestant une pathologie gynécologique et observer la dynamique des changements de l'état fonctionnel de leur organisme ;
étudier l'état fonctionnel des organes génitaux de ces étudiantes ;
élaborer, expérimenter et démontrer l'efficacité d'un complexe d'exercices de gymnastique rythmique visant une prophylaxie des pathologies gynécologiques de ces étudiantes ;
élaborer et mettre en pratique une méthode de gymnastique pour les exercices d'éducation physique, destinée à ces étudiantes ayant une anomalie de position des organes génitaux internes et des maladies inflammatoires.

Au cours de ces exercices physiques, appropriés à ces étudiantes, nous avons pris en compte l'état fonctionnel de leur organisme aux différentes étapes de leur cycle menstruel.

Les mouvements brusques du corps sont particulièrement dangereux au moment de la menstruation, quand l'utérus est surchargé de sang lourd et peut par conséquent facilement changer de position. C'est pour cela que nous évitons pendant la menstruation les genres d'exercices physiques liés à de mouvements brusques tels que saut en hauteur, saut en longueur, dans la mesure où ces exercices peuvent engendrer une déviation pathologique de l'utérus (rétroversion) et son angle de flexion ouvert en arrière (rétroflexion).

Par ailleurs, nous avons recommandé à nos étudiantes souffrant de pathologies gynécologiques de ne pas soulever de poids lourds, de ne pas pratiquer la boxe, les sports de combat, le football, le hockey, les sports mécaniques (brusques poussées et brusques mouvements). Ces genres de sport peuvent changer la position normale des organes du petit bassin, ce qui peut influencer d'une manière négative sur la fonction de fécondité.

Une sélection incorrecte d'exercices physiques liés aux mouvements brusques du corps peut avoir aussi une action négative sur la position de l'utérus. C'est pour cela qu'il est déconseillé aux jeunes filles de sauter d'un tremplin, de sauter à la perche, de prendre part aux compétitions du triple saut. Il est à noter que si l'on pratique pendant longtemps des exercices à sens unique, comme les sauts en hauteur effectués toujours avec une jambe, cela influence sur la position de l'utérus.

Cette pathologie peut aussi être due à la formation de masses, aux maladies inflammatoires, aux traumatismes des organes du petit bassin, aux anomalies du développement de l'utérus, aux éléments provocateurs des raccourcissements des ligaments de l'appareil utérin, aux surcharges inadéquates, à une augmentation brusque de la tension de la paroi abdominale liée au soulèvement de poids lourds et aux exercices de course et de sauts.

Méthodes de recherche :
1. analyse théorique et généralisation des données de littérature scientifique ;
2. observations dynamiques, pédagogiques et médicales ;
3. expérience pédagogique ;
4. test pédagogique ;
5. étude de la dynamique de l'état fonctionnel (rhéographie).

Par la prise en compte des particularités énumérées nous avons élaboré une structure commune de cours en recourant à la gymnastique rythmique pour les étudiantes présentant la pathologie.
Les particularités de la méthodologie proposée se présentent comme suit :
des exercices correctifs dans le cas de la rétroflexion de l'utérus ;
une orientation répétitive des charges sur les mêmes groupes musculaires dans la composition des exercices ;
un accent prioritaire des charges sur les muscles du pelvis, du dos, sur la surface des muscles intérieurs des hanches ;
un régime de travail en aérobie.

Une forme traditionnelle des exercices – « tripartielle » –a été établie à la base du complexe. La technologie de santé était appliquée dans la partie principale qui composait les 85 % du cours d'éducation physique. Le but principal était d'améliorer la circulation du sang et des lymphes dans les organes de la cavité du petit basin, la liquidation de la stagnation veineuse et l'entraînement de l'appareil moteur des systèmes cardiovasculaire et respiratoire, ainsi que le repositionnement normal de l'utérus dans le cas de rétroflexion. C'est donc la partie la plus chargée du cours puisqu'elle est liée au travail des grands groupes musculaires. Les exercices sont effectués « debout », juste après la phase d'introduction, mais la plus grande partie des exercices est effectuée dans la position « couché » ou « assis ». La nécessité de cette série d'exercices découlait des objectifs de la partie principale du cours et par conséquent cela a donné la possibilité réelle de sélectionner les exercices d'entraînement pour des groupes musculaires séparés. Cette série d'exercices incluait en grande partie des exercices en régime d'aérobie et excluait les exercices qui demandaient des changements brusques de la position de départ. Un grand nombre d'exercices correctifs pour les pathologies gynécologiques se voit également inclus dans ce complexe d'exercices, ainsi que des exercices pour les parties distantes périphériques, telles que la main et le pied, afin d'améliorer la circulation sanguine.
La partie principale du cours était basée sur quatre séries d'exercices avec différente charge : en position debout, celle comprenant des danses, celle incluant des danses énergiques ; celle en position assis, couchée, à genoux en s'appuyant sur les mains ou sur les coudes. Ces positions favorisent le déplacement des organes internes vers le haut, la détente de la paroi abdominale, le changement de la tension de la paroi interne abdominale et permettent donc de remettre l'utérus à sa position normale. Il y avait, dans ces positions citées, beaucoup d'exercices composés de mouvements du tronc et des extrémités inférieures. Dans le cas des rétroflexions, les positions couchées sur le dos n'étaient pas pratiques pour les exercices.

La durée de la partie principale du cours était de 45 minutes.

Dans la détermination de la consécution des exercices, la position finale se rapprochait au maximum de la position initiale de l'exercice suivant. Le dosage de chaque exercice allait de 8 a 16 répétitions, les exercices étant tous orientés vers les mêmes groupes musculaires, mais dans leur structure différente. Les exercices s'accomplissaient avec une pleine amplitude et un rythme moyen, sans intervalle entre les séries, avec un accompagnement musical. Les exercices avec la plus grande intensité étaient d'une fréquence cardiaque s'élevant à 140 battements par minute. Ils duraient de 5 a 15 minutes, en alternance avec les exercices d'une moindre intensité, dont la fréquence cardiaque est de 110 battements par minute. Dans la partie principale de l'activité physique on prévoit aussi deux a trois pics de charge avec une fréquence qui va jusqu'a 160 battements par minute, destinés à l'entraînement des systèmes cardiovasculaire et respiratoire. Tout cela a pu être atteint grâce aux exercices en régime d'aérobie, des mouvements de danse et des mouvements conditionnés.

Les résultats de la recherche
Le complexe élaboré a montré un effet général fortifiant et un impact spécial sur le retour a la bonne position de l'utérus, par le moyen du choix d'exercices replaçant et fixant l'utérus à la position normale. La méthode élaborée, mise en pratique par l'expérimentation des exercices de gymnastique chez les étudiantes avec des pathologies gynécologiques, a eu un effet positif en ce qui concerne la prophylaxie et l'assainissement de l'organisme féminin, et a amélioré de façon certaine l'efficacité de ces exercices physiques pour les étudiantes. La sélection rationnelle de ces exercices physiques et sportifs a permis aux jeunes étudiantes qui se trouvent en état de grossesse de pouvoir accoucher plus facilement et plus rapidement. Les traumatismes lors de l'accouchement ont diminué, ainsi que le nombre de femmes souffrant de stérilité et ayant appliqué cette méthode.

Conclusion
La méthode élaborée visait la mise en place d'exercices physiques de prévention et soignants, à la base de complexes sélectionnés et dosés de gymnastique rythmique, destinés non seulement à la prise en charge des étudiantes avec une pathologie gynécologique mais aussi à leur éducation physique

Le type le plus rationnel d'exercices physiques pour les étudiantes avec une pathologie gynécologique est la gymnastique rythmique, assurant en régime d'aérobie une amélioration de la circulation sanguine dans les groupes musculaires liés à la pathologie locale.

Les activités physiques selon la méthode élaborée ont été très bénéfiques sur l'état de santé de 89,2 % d'étudiantes chez qui l'on a pu observer, suivant le contrôle médical, une nette amélioration et de nets changements avec la définition des indices objectifs tels que l'augmentation du niveau du flux sanguin, une meilleure hémodynamique dans les organes du petit bassin, et un retour a la position normale de l'utérus.
Conférence prononcée le 9/4/2005
Colloque «Pratiques soignantes, éthique et sociétés : impasses, alternatives et aspects interculturels», organisé sur l’initiative du PPF RISES de l’Université Lyon 3 en collaboration avec l’Université Lyon 1 et les Hospices Civils de Lyon, avec la participation de l’Université de Marne La Vallée.