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| Textes et résumés disponibles |
New Richmond et les défis de la diversification économique Nicole Appleby | | Maire de New Richmond | L'impact des fromages d'appellation d'origine contrôlée (AOC) en France Nadine Ballot | | Chargée de mission au Centre National Interprofessionnel de l'Economie Laitière (France) | Les pactes ruraux au Québec cinq ans après Serge Belley | | Professeur à l'École nationale d'administration publique (ENAP) | Les pactes ruraux au Québec cinq ans après Michel Belzil | | Président de la Fédération québécoise des municipalités de 2001 à 2006 | Une législation pour les produits du terroir : pour qui ? pour quoi ? Claire Bolduc | | Directrice du Centre de contrôle environnemental du Québec dans la région Abitibi-Témiscamingue et Nord-du-Québec. | L'exurbanisation : une réalité hétérogène avec des impacts et potentiels pour le développement des villages différenciés Christopher R. Bryant | | Spécialiste de la planification stratégique du développement local et communautaire en Amérique du Nord. | Comment la mondialisation néolibérale détruit les sociétés rurales : résistances et alternatives Bernard Cassen | | Directeur général du Monde diplomatique | Quand tout un village met la main à la pâte Jean-Claude Côté | | Président, Estran – Agenda 21 | Le nouveau paradigme de la ruralité : politiques publiques et gouvernance dans les pays de l'OCDE Nicola Crosta | | Responsable du département du Développement rural à l'OCDE | Le zonage comme instrument de régulation de la politique agricole Guy Debailleul | | Spécialiste des politiques agricoles, des systèmes économiques comparés et des politiques environnementales | Appellations et développement des alcools artisanaux Robert Demoy | | Propriétaire récoltant, cidrerie du Minot, Hemmingford | La reconversion d'un village André Dionne | | Agent de développement, Sainte-Anne-de-la-Pérade | La prise en compte du paysage : nouvelle composante du développement durable des collectivités Gérald Domon | | Professeur titulaire, Faculté de l'aménagement-architecture du paysage, Université de Montréal | Impact de la «Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles» à l'extérieur de la plaine de Montréal Clermont Dugas | | Professeur, Département des sciences humaines, Université du Québec à Rimouski | Quand tout un village met la main à la pâte Vincent Gerardin | | Ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. | En quoi consiste une décentralisation démocratique ? Vincent Lemieux | | Professeur de sciences politique à l'Université Laval | Nouvelle ruralité nouvelle urbanité et isolement Thomas Martens | | Consultant, Théma communication (Bonaventure) et membre fondateur du Cercle international gaspésien | Territoire zoné le village peut-il encore se développer? Bernard Ouimet | | Ex-président de la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) | La reconversion économique dans la MRC du Granit Gilles Pansera | | Ex-commissaire industriel, Lac Mégantic | Gouvernance : le scandale de la bonne volonté Gilles Paquet | | Professeur émérite, Centre d'études en gouvernance, Université d'Ottawa | Chelsea le développement durable et le projet de MRC Bio Jean Perras | | Maire de Chelsea et préfet adjoint de la MRC des Collines-de-l'Outaouais | Mot d'ouverture du président de Solidarité rurale du Québec Jacques Proulx | | Autonomie municipale et régionale Robert Sauvé | | Sous-ministre associé, ministère des Affaires municipales et des Régions | L'immigration en milieu rural : pas de recette miracle ! Michèle Vatz Laaroussi | | Professeur titulaire, département de Service social, Université de Sherbrooke | Capital de risque et développement des produits du terroir Dominique Vignola | | Directeur général, Capital financière agricole. | Les projets territoriaux intégrés en Italie : bilan de l'expérience du Mezzogiorno Catia Zumpano | | Chercheuse, Institut national d’économie agricole, Italie |
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| Compte-rendu de l'atelier |
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| Atelier 2 - Nouvelle ruralité |
| Jeunes, retraités, du Québec ou d'ailleurs, les migrants choisissent le village. |
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Animateur : Alain Péricard, consultant, responsable du programme de recherche sur les migrations, Solidarité rurale du Québec
Secrétaire : Danièle Blain, consultante en recherche et communications, Passez Go
Panélistes :
Thomas Martens, consultant, Théma communication (Bonaventure) et membre fondateur du Cercle international gaspésien
Christopher R. Bryant, professeur titulaire, département de Géographie, Université de Montréal
Michèle Vatz Laaroussi, professeur titulaire, département de Service social, Université de Sherbrooke
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Dans cet atelier, l'expertise se trouvait d'un côté de la salle comme de l'autre. Les participants comptaient des élus, des agents de développement, des chercheurs et des responsables d'organismes non gouvernementaux. Parmi eux plusieurs avaient vécu l'expérience de la migration.
Du côté des conférenciers, Christopher Bryant (département de Géographie, Université de Montréal) est convaincu que l'exurbanisation, un phénomène très hétérogène, n'est pas une source de conflit avec les activités agricoles traditionnelles. Il faut toutefois veiller à intégrer les nouveaux arrivants, reconnaître la valeur des ressources qu'ils amènent avec eux, prévoir des mécanismes de résolution de conflits et trouver des moyens de faire participer les migrants à la vie de la communauté.
Michèle Vatz Laaroussi (département de Service social, Université de Sherbrooke) a abordé les mêmes questions sous l'angle de l'immigration. Elle a rappelé qu'en 2002, dans l'ensemble du Canada, seulement 12 000 immigrants se sont installés en milieu rural. Le Québec a une longueur d'avance dans le domaine de la régionalisation de l'immigration, avec sa politique qui date d'une douzaine d'années. Il existe désormais un consensus autour du fait que le défi n'est pas tant d'attirer les immigrants en régions que de les encourager à rester. Quand ils arrivent, on leur dit « on a besoin de vous ». Puis on leur fait comprendre « ils faut que vous soyez comme nous. » Ensuite on s'étonne qu'ils repartent justement parce qu'ils sont devenus comme nous et qu'il font alors la même chose que nous.
Mme Vatz Laaroussi identifie trois difficultés ou trois « nœuds » qui marquent le processus d'insertion des immigrants :
- L'intégration des réseaux : ceux des immigrants très internationaux ont du mal à s'intégrer avec les réseaux locaux très fermés;
- La mobilité : les régions veulent attirer des gens qui ne vont plus bouger alors que les immigrants sont dans un processus de mobilité très fluide;
- L'accueil de l'Autre : dans les milieux ruraux on est prêt à accueillir des gens différents, mais pas trop. Par exemple, un Noir est le bienvenu s'il est catholique, mais un Noir musulman est plus difficilement accepté.
Notre troisième conférencier, Thomas Martens (consultant, Théma Communication), Allemand d'origine, s'est installé en Gaspésie il y a cinq ans après avoir vécu vingt ans à Montréal. Il a d'abord attiré notre attention sur la diversité ethnique de la population gaspésienne de souche : on y trouve des autochtones, des Basques, des Canadiens-français, des Anglo-normands, des loyalistes. Dans ce contexte, l'intégration des immigrants pose un défi supplémentaire, s'ajoutant à celui du nombre : en Gaspésie, ils sont environ 400, dont à peine une centaine d'adultes sur une population de 90 000 personnes. C'est pour leur donner une voix que Thomas Martens a fondé avec un groupe d'immigrants le Cercle international Gaspésien. Le résultat, pour lui, fut qu'après plusieurs décennies au Québec, ça l'a ramené à son identité de souche : il est redevenu l'Allemand. Il faut de nouveau qu'il assume le fait d'être l'Autre. Il est ainsi difficile de devenir Gaspésien quand on vous renvoie sans cesse à votre identité d'origine.
Du côté de la salle, les échanges ont été très riches. Toutes les personnes qui se sont exprimées avaient initié ou participé à des stratégies concrètes pour faire venir et intégrer des migrants en milieu rural. Il fut question de l'approche du ministère de l'Immigration et des Communautés culturelles, plus souvent fonctionnelles que participantes, pour reprendre les termes de Serge Belley. Une participante du Carrefour jeunesse emploi du Saguenay s'est demandée comment éviter la « gettoïsation » des immigrants. Michèle Vatz Laaroussi a souligné que dans les ententes entre le ministère et les régions les immigrants ne sont jamais présents : on les traite comme des objets.
Un participant a dit que si l'on envoyait dans les régions des immigrants dont les compétences correspondaient davantage à la structure de l'économie locale, ce serait plus facile de les intégrer. Plusieurs ont fait état d'initiatives locales, de municipalités ou de régions qui sont allées chercher directement des personnes qui correspondaient à leurs besoins de main d'œuvre. Christopher Bryant est d'avis que ça peut effectivement être une bonne chose de court-circuiter les paliers gouvernementaux, mais que cette action directe ne règle pas le problème de la capacité d'accueil des communautés. Michèle Vatz Laaroussi a ajouté qu'une politique d'immigration ne peut pas être fondée uniquement sur ce genre d'initiative.
Une intervenante d'origine acadienne installée en Mauricie qui vit au Québec depuis 30 ans a dit qu'il avait fallu plus de deux ans avant qu'elle ne soit invitée à souper par les gens de l'endroit. Un autre a rappelé qu'un Québécois de souche qui déménage en milieu rural se fait toujours demander « c'est qui ton père? » Dans son cas, il avait été nécessaire d'attendre plus de six mois et beaucoup de cafés au restaurant du coin avant d'entendre parler des vrais problèmes de la place.
Dernière idée forte des échanges : les communautés rurales doivent être préparées à accueillir des migrants. Il faut faire en sorte que la collectivité soit prête à recevoir les personnes qui viennent s'installer, qu'elles viennent d'ailleurs au Québec ou dans le monde. Un maire, qui a constaté que les nombreux immigrants d'origine européenne, qui vivaient dans sa municipalité, demeuraient invisibles, a organisé des activités spécifiquement pour les amener à participer à la vie communautaire. La glace a été rompue et depuis ce temps ils sont davantage présents.
En conclusion, Thomas Martens citait l'auteur Martiniquais Édouard Glissant :
Nous devons nous habituer à l'idée que notre identité va changer au contact de l'Autre. |
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| | 14e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec - 8, 9 et 10 mars 2006 |
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