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| Compte-rendu de l'atelier |
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| Atelier 4 - Développement durable |
| Quand tout le village met la main à la pâte |
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Animateur : Frédéric Paré, agronome et coordonnateur du programme Agriculture écologique d'Équiterre
Secrétaire : Jean Des Lauriers, chercheur, Solidarité rurale du Québec
Panélistes:
Jean-Claude Côté, président, Estran – Agenda 21 et
Vincent Gerardin, ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs
Gérald Domon, professeur titulaire, Faculté de l'aménagement- architecture du paysage, Université de Montréal
Jean Perras, maire de Chelsea et préfet adjoint de la MRC des Collines-de-l'Outaouais
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Apparu dans le rapport de la Commission des Nations Unies sur l'environnement et le développement en 1987, le concept de développement durable a été reconnu lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, en 1992, et réaffirmé au moment du Sommet mondial pour le développement durable, tenu à Johannesburg dix ans plus tard. À son tour, le gouvernement du Québec a affirmé son adhésion à plusieurs principes défendus lors de ces conférences internationales dans la Loi sur le développement durable adoptée en avril 2006. Parallèlement aux efforts déployés afin d'atteindre la concertation voulue à l'échelle internationale, et au regard des législations adoptés à l'échelle nationale, cet atelier a permis de se pencher sur la place du milieu local dans toutes ces démarches de développement durable.
Si le développement durable représente un grand projet collectif qui interpelle la société québécoise tout entière, il semble bien que l'engagement des communautés et la participation des citoyens forment la pierre angulaire d'un développement qui tient compte des diverses réalités locales. La participation des communautés dans la prise en charge de leur développement est une condition de sa durabilité et constitue un facteur de réussite des initiatives de développement local. Cela témoigne de la complexité des facteurs de développement composés de nombreuses interactions entre l'individu, la communauté et l'environnement, ce qui oblige à écarter toute recette miracle s'appliquant du haut vers le bas et demande de considérer les particularités du milieu et l'appropriation du développement par les communautés elles-mêmes.
Au cours de cet atelier animé par Frédéric Paré, coordonnateur du programme Agriculture écologique chez Équiterre, quatre panélistes ont été invités à partager leur expérience et leur expertise. Dans un premier temps, Jean-Claude Côté, ex-maire de Grande-Vallée et préfet de la MRC de la Côte-de-Gaspé, a expliqué les enjeux liés au projet Estran – Agenda 21. Son intervention, Quatre villages mettent la main à la pâte, a été réalisée avec la collaboration de Vincent Gerardin, spécialiste des aires protégées et des paysages humanisés au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP). Ces deux panélistes ont présenté la démarche de l'Estran vers le statut de paysage humanisé, un nouveau statut d'aire protégée du MDDEP géré par les pouvoirs municipaux.
Le paysage humanisé est « une aire constituée à des fins de protection de la biodiversité d'un territoire habité, terrestre ou aquatique, dont le paysage et ses composantes naturelles ont été façonnés au fil du temps par des activités humaines en harmonie avec la nature et présentent des qualités naturelles et culturelles intrinsèques remarquables dont la conservation dépend fortement de la poursuite des activités qui en sont à l'origine[1]. » Sur la toile de fond d'un paysage humanisé, Estran-Agenda 21 oeuvre donc pour un développement participatif qui permet de satisfaire équitablement les besoins des générations présentes et futures de l'Estran.
Lors du second exposé, Jean Perras, maire de la municipalité de Chelsea et préfet adjoint de la MRC des Collines-de-l'Outaouais, a partagé l'expérience de la municipalité de Chelsea, reconnue au Québec et dans l'ensemble du Canada comme leader en environnement et en développement durable. Son intervention a porté sur Le développement durable à Chelsea et sur le projet « MRC Bio », initié par la MRC des Collines-de-l'Outaouais, qui élabore une stratégie de mise en valeur écologique des territoires agricoles et forestiers. Dans le cadre de ses activités liées au développement durable, la municipalité s'est donnée comme mission de maintenir la qualité de vie des résidants de Chelsea, autant pour la génération actuelle que pour celles à venir, par le biais de services et d'activités communautaires, culturelles et récréatives, la protection et la mise en valeur de l'environnement, le développement économique viable ainsi que la préservation des limites territoriales.
Le troisième exposé a été celui de Gérald Domon, professeur titulaire à la Faculté de l'aménagement – Architecture du paysage et directeur scientifique associé de la Chaire en paysage et environnement de l'Université de Montréal. Son intervention s'intitulait La prise en comte du paysage : nouvelle composante du développement durable des collectivités. Le paysage est une composante essentielle du développement des collectivités parce qu'il est lié d'abord à des enjeux économiques. En effet, le paysage est devenu une « ressource », un véritable outil de développement économique des collectivités, notamment au regard de l'industrie touristique. Le paysage est aussi rattaché à des enjeux écologiques puisque la configuration des paysages peut avoir une influence déterminante sur la capacité des milieux à supporter une biodiversité. Mais, plus important encore, le paysage joue un rôle important dans la vitalité des collectivités et constitue un facteur déterminant des localisations résidentielles. Gérald Domon a ensuite relevé certains enjeux qui influencent le développement de la ruralité et a noté au passage la perspective de changements profonds (nouvelle vision du territoire dans le développement, multifonctionnalité de l'espace rural), de même que l'émergence de nouveaux besoins en termes de gouvernance.
Au cours des échanges qui ont suivi, les participants ont d'abord identifié un certain nombre de facteurs clés qui contribuent au succès du développement durable à l'échelle locale. La mobilisation des citoyens est le premier de ces facteurs. Le développement d'une communauté commence d'abord par l'implication active de ses citoyens (les jeunes, notamment, pour bien représenter le sens et la finalité de la démarche) stimulée par un leadership local fort (les porteurs de ballon, élus ou citoyens) qui favorise l'émergence d'une vision commune pour la mise en place d'initiatives locales innovantes. Cette mobilisation doit s'accompagner de campagnes d'éducation populaire et de stratégies d'information et de communication parce que le développement durable continue d'est un concept relativement abstrait.
La seconde condition de réussite réside dans le réseautage des différents intervenants pour favoriser l'échange d'expériences et le soutien. Ce nécessaire réseautage, entre les divers paliers de décision (local, régional et national), de même qu'entre les acteurs locaux eux-mêmes (privés, publics, communautaires, etc.), démontre le besoin d'une structure de concertation pour solidifier les liens de partenariat et les appuis aux initiatives locales. À ce sujet, des intervenants ont noté un manque de moyens offerts par le gouvernement pour la mise sur pied de projets locaux.
D'autres conditions de réussite ont trait à la nécessité d'un financement adéquat pour la mise sur pied de projets structurants de développement durable, de même qu'à l'implication de l'État face au besoin de développer une stratégie globale d'occupation du territoire afin de soutenir les initiatives locales.
L'atelier a aussi abordé les effets du développement durable sur le développement des territoires. En plus de pérenniser, ce que le développement durable a l'ambition de faire par définition, les expériences ont démontré que ce type de développement peut redynamiser la vie communautaire et même entraîner d'importantes retombées économiques (exemple de la MRC bio de la MRC des Collines-de-l'Outaouais).
Par ailleurs, les participants ont fait remarquer que le développement durable peut être conçu en tenant compte des préoccupations territoriales spécifiques des milieux. Les expériences de la MRC bio dans l'Outaouais et du projet Estran – Agenda 21 en Gaspésie le démontrent éloquemment. Plusieurs participants ont d'ailleurs présenté diverses expériences de développement durable. Les expériences prennent notamment la forme de projets (aires protégées, paysages humanisés, etc.), de plans de développement (exemple de Chelsea) ou encore d'événements ponctuels (exemple de Sainte-Anne-des-Monts).
En outre, le rôle du paysage dans le développement durable des collectivités a occupé une part importante des échanges entre les participants de l'atelier. La mise en valeur du paysage et du patrimoine naturel constitue un objectif en soi, notamment pour le tourisme et, plus généralement, la qualité de vie des habitants et des villégiateurs.
Finalement, les participants ont souligné le besoin d'une politique nationale et des orientations d'ensemble cohérentes pour soutenir les collectivités dans leurs démarches de développement durable. Ils ont aussi fait valoir le besoin d'une compréhension commune et partagée du concept de développement durable et du processus à long terme qu'il implique.
Note
[1] Loi sur la conservation du patrimoine naturel (2002). |
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| | 14e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec - 8, 9 et 10 mars 2006 |
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