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Textes et résumés disponibles
Atelier 3 - Énergie : avantage compétitif des territoires ruraux
Francis Allard
Président d’Agro Énergie
Partir ou rester : la localisation des entreprises dans la mondialisation
Marcos Ancelovici
Professeur adjoint du département de sociologie de l’Université McGill
Réformer la gouvernance des territoires par le haut ou par le bas ?
Jules Arsenault
Ex-recteur de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Chambardements climatiques : planifier la réplique
Joël Arseneau
Maire des Îles-de-la-Madeleine
Atelier 5 - Connectivité des territoires entre la fracture numérique et les usages innovateurs
Ginette Bellavance
Directrice des Productions Point de vue à St-Adrien
Réformer la gouvernance des territoires par le haut ou par le bas ?
Louis Bernard
Ancien haut fonctionnaire
Atelier 5 - Connectivité des territoires entre la fracture numérique et les usages innovateurs
Jean-Paul Bleau
Fondateur de Communautel
Changements climatiques : survol de la science enjeux impacts adaptation
Alain Bourque
Directeur « Impacts et adaptation », Ouranos
La région de Montmagny et son développement économique: négocier le virage
Nathalie Cloutier
Directrice générale, CLD de la MRC de Montmagny
La réplique une affaire de structures de stratégies ou de citoyens ?
Geneviève Colombani-Lachapelle
Militante
La culture sous l'angle de l'innovation
Andrée Daigle
Directrice du réseau « Les Arts et la Ville »
L'aventure des Marsouineries à l'Isle-aux-Coudres
Caroline Desbiens
Auteure, compositeure, interprète et porte-parole de l’événement culturel « Les marsouineries »
La réplique une affaire de structures de stratégies ou de citoyens ?
Jacques Dufresne
Philosophe, éditeur de L'Encyclopédie de L'Agora sur Internet
Le village face à la convergence des médias
Gilles Gagné
Journaliste pigiste en Gaspésie
Identité et culture moteurs de reconversion économique
Xavier Greffe
Professeur de sciences économiques (économie des arts et des médias) à l’Université Paris I (Panthéon-Sorbonne)
La réplique une affaire de structures de stratégies ou de citoyens ?
Fatima Houda-Pépin
Députée et première vice-présidente de l’Assemblée nationale
Villes et villages : un territoire en partage une occupation nécessaire
Jean-Paul L'Allier
Ex-maire de Québec et professeur invité à l’École supérieure d’aménagement du territoire et dudéveloppement régional de l’Université Laval
Atelier 3 - Énergie : avantage compétitif des territoires ruraux
Marcel Lacroix
Professeur titulaire à l’Université de Sherbrooke
Atelier 3 - Énergie : avantage compétitif des territoires ruraux
Chloé Legris
Chargée de projet pour la lutte contre la pollution lumineuse
Atelier 3 - Énergie : avantage compétitif des territoires ruraux
Antonin Michaud
Commissaire industriel à la Ville d'Amqui
Réformer la gouvernance des territoires par le haut ou par le bas ?
Roger Nicolet
Préfet MRC de Memphrémagog M.Sc.
Allocution de Mme Nathalie Normandeau ministre des Affaires municipales et des Régions
Nathalie Normandeau
Députée de Bonaventure, vice-première ministre, ministre des Affaires municipales et des Régions
L'attractivité territoriale et l'entrepeneurship
Martin Ouellet
Directeur général de KISIS, entreprise de thermo transformation du bois Dolbeau-Mistassini
Allocution de l'honorable Christian Paradis
Christian Paradis
Député de Mégantic et secrétaire d’État à l’Agriculture
Atelier 5 - Connectivité des territoires entre la fracture numérique et les usages innovateurs
Paul Prévost
Directeur scientifique du CEFRIO (Centre francophone d’informatisation des organisations)
La réplique une affaire de structures de stratégies ou de citoyens ?
Jacques Proulx
Président de Solidarité rurale du Québec
L'entrepreneuriat local pour stimuler le développement des territoires
Nathaly Riverin
Directrice du Centre de vigie et de recherche sur la culture entrepreneuriale de la Fondation del’entrepreneurship
Réformer la gouvernance des territoires par le haut ou par le bas ?
Thierry Rodon
Professeur associé, School of Public Policy and Administration, Carleton University, Département de science politique, Université Laval.
Le village face à la convergence des médias
Alain Saulnier
Directeur général des services français de l’information à Radio-Canada
Le village face à la convergence des médias
Florian Sauvageau
Professeur à l’Université Laval et directeur du Centre d’études sur les médias
Le village face à la convergence des médias
Nathalie Verge
Secrétaire générale du Conseil de presse du Québec
L'histoire du développement culturel de Saint-Jean-Port-Joli
Marie-Hélène Viau
Agente de communication et conseillère culturelle, CLD de la MRC de L’Islet
Améliorer la capacité d'adaptation des communautés rurales canadiennes face aux incertitudes de l'avenir
Maureen Woodrow
Directrice exécutive du Réseau de recherche sur la gestion des Océans, Université d’Ottawa

Compte-rendu de l'atelier
Atelier 1 - Reconversion des territoires
Attractivité territoriale et entrepreneurship
Animateur : Sylvie Bellerose, Conseillère en développement stratégique des territoires, Solidarité rurale du Québec
Secrétaire : Mario Florvil, étudiant de 2e cycle, Géographie-UQAM


Panélistes
L'entrepreneuriat local pour stimuler le développement des territoires
Nathaly Riverin
Nathaly Riverin est détentrice d’un diplôme de troisième cycle en stratégie d’entreprises de l’Institut d’administration des entreprises d’Aix en Provence et d’une maîtrise en sciences économiques de l’Université Laval. Elle est la co-fondatrice et directrice du Centre de vigie et de recherche sur la culture entrepreneuriale (CVRCE) de la Fondation de l’entrepreneurship. Elle assume aussi la direction canadienne du Global Entrepreneurship Monitor (GEM) pour la Chaire d’entrepreneuriat Rogers-J.-A.-Bombardier de HEC Montréal. Avant de créer ce centre de recherche, elle a été professeure adjointe en management à HEC Montréal et chargée de cours à l’Université du Québec à Chicoutimi. Elle siège également sur différents conseils d’administration et comités dans le domaine au Canada.
La région de Montmagny et son développement économique: négocier le virage
Nathalie Cloutier
Bachelière en Sciences économiques et détentrice d’une Maîtrise en Administration des affaires, spécialisation marketing, Nathalie Cloutier compte plus de dix ans d’expérience dans la gestion et la direction d’organisations oeuvrant dans les domaines de la communication, du tourisme et du développement régional. Actuellement, elle est directrice générale et commissaire industrielle du CLD de la MRC de Montmagny et est présidente de la Fondation pour la préservation de la faune et de la culture de Montmagny.
L'attractivité territoriale et l'entrepeneurship
Martin Ouellet
Monsieur Ouellet est détenteur d’une maîtrise en gestion de projet de l’Université du Québec à Chicoutimi. Il a été conseiller au développement économique au CLD Maria-Chapdelaine et directeur des Serres et de la pépinière Girardville avant de devenir directeur général de Kisis technologies, une entreprise développant le marché du bois thermotransformé.
 
 
Synthèse des discussions

La discussion est lancée par une remarque: les conférenciers ont tous parlé de leadership en mettant l'accent sur l'individu plutôt que sur la collectivité. Pourtant, le leadership n'appartient pas qu'à une personne. «Parfois, c'est trois personnes qui se donnent le courage de démarrer, parfois c'est même un OSBL ou une coopérative.» Pourquoi toujours chercher l'individu? Les conférenciers répondent de manière quasi unanime: « Personne ne dira qu'il a réussi seul mais il faut quand même un entrepreneur leader ou encore un petit groupe.» À Montmagny, «c'était un effort collectif mais il a fallu l'organiser, l'entretenir», d'où l'importance du rôle de catalyseur joué par le CLD.

Plusieurs interventions portent sur les facteurs de réussite identifiés dans les exposés précédents. Qu'est-ce qui fait que «ça marche», que les gens s'installent et entreprennent? Mme Riverin fait remarquer qu'à Rivière-du-Loup, on doit beaucoup au dynamisme du milieu scolaire ainsi qu'à l'engagement des élus. Un autre intervenant souligne la grande difficulté de créer du capital social: « On dirait que dans les cas présentés aujourd'hui, on a réussi à surmonter cette difficulté.» Mme Cloutier approuve et rappelle qu'en 2004, aux prises avec des pertes économiques importantes et une crise au niveau de la gouvernance, « on ne pouvait pas aller plus bas. » Pourtant, le leadership local a fait une différence. Au niveau du CLD, cela c'est matérialisé par un conseil d'administration incluant la société civile et des gens d'affaires. « Chacun doit bien comprendre son rôle, cela se fait dans l'interdépendance mais non sans tensions. » Une intervenante de Montmagny renchérit: « Vous avez su refléter le positif chez nous. Le négatif, ça n'aide pas les régions, ça fait peur aux entrepreneurs. » Elle tire une leçon des trois conférences: il faut miser sur le capital humain. Mme Cloutier ajoute des exemples: « Depuis deux ans, la communication est devenue un réflexe dans la région. On a mené des formations auprès des secrétaires des petites municipalités pour les aider à faire ressortir et à partager les bonnes nouvelles. Cela fait une différence: les élus sont plus fiers de leur région et les entrepreneurs trouvent leur milieu plus dynamique. » Elle ajoute: « Il faut aussi que les gens d'affaires sentent un appui, il faut développer des services pour eux. Par exemple, le CLD a engagé une personne ressource spécialisée en commercialisation et exportation de manière à aider les entrepreneurs qui réussissent déjà sur place. On mise sur les entreprises qui marchent.»

Les freins à l'entrepreneuriat font aussi l'objet de commentaires. Un intervenant fait remarquer que l'arrière-pays de Montmagny, qui vit la crise du domaine forestier, est encore dans une situation difficile. Peut-on miser sur la même expérience? Le contexte est peut-être différent dans la ruralité profonde. « On travaille sur la mobilisation de ce territoire », répond Mme Cloutier. Elle cite une panoplie d'interventions adaptées à son contexte : une manière informelle de trouver et de réunir « ceux qui connaissent tout le monde et qui voient les opportunités »; une mobilisation de l'industrie forestière; un inventaire des terres non utilisées. On considère d'engager un agent rural de développement des affaires. Parmi les résultats déjà obtenus, la région accueillera bientôt un championnat du monde en course de traîneaux à chien.

Un autre intervenant compare le financement du risque au Canada et aux États-Unis. Y a-t-il ici une tradition de finance du risque? Non, répond Mme Riverin. Il est difficile de financer le risque et les entrepreneurs qui échouent font souvent face à des accusations. Elle observe qu'au Canada anglais et aux États-Unis on accepte plus facilement l'échec d'un projet. « Au lieu d'évaluer les personnes, ils vont s’attribuer la responsabilité d'avoir mal évalué les risques et le plan d'affaires. Ici, on a créé un pattern où l'on demande aux institutions de prendre des risques plutôt que d'investir personnellement à la base. »

Enfin, un intervenant souligne la difficulté de tenir une entreprise et les nombreuses sources de pression qu'il faut subir: relations de pouvoir dans la chaîne de production, pression des clients, responsabilité d’assurer aux employés un salaire régulier, etc. Ce qui amène un second intervenant à aborder la question de l'entrepreneuriat des jeunes: « Un entrepreneur, qu’est-ce que c’est ? Les jeunes ne le savent pas, ça leur paraît un cauchemar! Ils veulent une autre qualité de vie. Comment susciter une culture entrepreneuriale alors que les risques et les défis ne sont pas innés chez les jeunes? L'approche coopérative serait-elle une solution? » « Il faut, répond Mme Riverin, leur faire découvrir très tôt ce qui les allume dans la vie. En entreprise, on est toujours près de ce qui nous passionne. En travaillant en amont, même dès l'école primaire, on peut donner aux jeunes le réflexe d'entreprendre. »
15e conférence nationale de Solidarité rurale du Québec - 27, 28 et 29 février 2008