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ATELIER 4 - LA CULTURE, FACTEUR D'INNOVATION ET D'APPARTENANCE La contribution de la culture dans la transformation du village |
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| L'aventure des Marsouineries à l'Isle-aux-Coudres |
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Caroline Desbiens Depuis « Jean-sans-Nom », comédie dramatique de Robert et Jean Charlebois mise en scène par Robert Lepage dans
laquelle elle tenait le premier rôle féminin dans le cadre du Printemps du Québec en France en 1999, Caroline a parcouru
les sentiers qu’elle préfère, les chemins moins fréquentés mais tellement heureux de la chanson intemporelle. Après un
album « Sortir de L’Eau » et une tournée au Québec et en Europe, fort bien reçu par le public et par ses pairs, Caroline va
d’une isle à l’autre semer la chanson à texte dont elle partage les récoltes d’un océan à l’autre. Après les Marsouineries
de l’Isle-aux-Coudres, dont elle a été l’instigatrice et la directrice artistique ainsi que l’auteure de son théâtre-chantant à
succès « La vie du Temps », elle travaille à finaliser l’écriture et la composition d’une comédie musicale ayant comme toile
de fond le deuxième voyage de Jacques Cartier. |
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Caroline Desbiens présente au public l'aventure des Marsouineries, événement culturel qui s'est tenu annuellement pendant sept ans à l'Isle-aux-Coudres. « On s'appelle des marsouins, les habitants de l'Isle, parce qu'on nous a étiquetés comme des pêcheurs de marsouins », explique-t-elle pour commencer. Le marsouin, c'est le nom amérindien de la baleine blanche ou béluga.
Le projet des Marsouineries a commencé en 1997 par une table ronde organisée par les citoyens de l'Isle-aux-Coudres « parce qu'être une île et être accueillant ce n'était plus suffisant pour l'économie ». De cette table ronde naîtra un projet qui mise sur les forces de la région : « on a un patrimoine intéressant et on a un bon tempérament, on a la couenne facile ! » En effet, l'Isle-aux-Coudres possède un grand moulin à vent et un moulin à eau, tous deux uniques au Canada et d'une grande importance patrimoniale. Les Marsouineries ont donc été lancées avec le projet de faire revivre les années 1920 à l'Isle. Le décor était monté avec rigueur. On cherchait l'authenticité, par exemple en choisissant de décorer avec des fanions couleur jute plutôt que rouge et vert en nylon. On avait demandé aux habitants de maquiller leur maison, « de sortir leurs vieux gréements et de les disposer noblement, humblement sur la galerie » avec des slogans « Vive les Marsouineries ». La réaction fut enthousiaste, chacun dénichant un meuble à placer sur sa galerie décorée avec du blé de mer. « On a pu mesurer l'engouement et la fierté que ça donnait aux gens. » « Faire le tour de l'île c'était visiter un musée. » Le soir, les touristes étaient invités à un théâtre chantant joué par des gens de l'île ayant bénéficié d'une formation professionnelle. Jean Besré parrainait l'événement. Pendant sept ans, les citoyens ont célébré ainsi la mi-carême, la criée, traditions qui existaient déjà. « On n'a rien inventé, on a juste pris ce qu'on avait de meilleur et qui nous caractérisait bien. » On répondait aux questions du public : « Quand avez-vous eu le téléphone? Est-ce qu'il y a des traversiers pendant l'hiver ? » Pendant quatre jours, les gens vivaient dans l'atmosphère des années 1920, écoutaient des histoires authentiques de la région, mangeaient du sucre à la crème et dansaient grâce à toute une troupe de chanteurs, danseurs et comédiens. « Ça a donné sept ans de bonheur, raconte Mme Desbiens, il y a eu dans l'île tout un regain d'effervescence, de fierté et de joie de vivre. Quand le temps arrivait, les gens avaient hâte de reprendre les bretelles, les peintures, de refaire les Marsouineries. » On se disputait le rôle de « traverseux », celui qui fait traverser le fleuve aux gens.
Cependant, ce projet était mené à bout de bras par les organisateurs. L'une des raisons du manque de soutien : le fait que, avec ses comédiens allant de 10 à 89 ans, le projet ne correspondait à aucun programme. En plus de maigres subventions glanées ici et là, le projet, dont le budget s'élevait à 30 000 $, a vécu de petites commandites locales, de tirages populaires et d'une grande participation bénévole. « Pourtant, tout était là : la volonté populaire, le goût de faire les choses bien, les gens avaient compris qu'il fallait être rigoureux ». Cependant, les organisateurs assumaient personnellement des frais élevés, 1300 $ de frais de téléphone par exemple, et le processus de financement qu'il fallait recommencer chaque année épuisait leurs ressources alors même qu'ils étaient cités en exemple comme ceux qui « font tout avec rien ». À bout de souffle, ceux-ci ont mis fin aux Marsouineries « la tête haute », après un dernier événement.
À l'Isle-aux-Coudres, on regrette les Marsouineries. « Depuis ce temps-là, les gens nous font leurs commentaires, on trouve qu'il y a moins de vitalité, d'animation. » Le projet reprendra-t-il ? La volonté est là : « Moi j'aimerais ça, si vous faites des formulaires plus adaptés au cas par cas! Ça va nous faire un grand plaisir ! », s'exclame la conférencière. Elle ajoute qu'elle monte actuellement deux projets : une comédie musicale sur l'histoire de l'Isle-aux-Coudres et « Chansons à peindre », une création multimédia en collaboration avec des peintres et des musiciens de la région. Les artistes acceptent d'emblée de participer. Cependant aucun financement n'a encore été trouvé. « C'est difficile dès qu'un projet est trop original, trop inusité. » L'artiste cherche en ce moment du financement privé. « Ce que je suis venue vous dire, conclut-elle, c'est que tout ça est fabuleux parce que, finalement, on réussit quand même à faire quelque chose. Mais ce serait bien si on avait un peu de financement, surtout quand on est au chômage l'hiver, qu'on n'ait pas à débourser pour les téléphones par exemple, qu'on fasse en sorte que les instigateurs soient un peu plus soutenus. » |
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