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| FORUM II |
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| Le village face à la convergence des médias |
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| Le paysage médiatique a énormément changé au fil des ans. Le phénomène de la grande concentration, typique de notre époque, n'a pas épargné ce secteur, où les transactions se sont multipliées jusqu'à ne laisser que quelques grands joueurs. Ce grand chambardement a permis l'apparition d'un nouveau phénomène, la convergence, où un même propriétaire exploite plusieurs plates-formes médiatiques, qu'il s'agisse de radios, d'imprimés, de sites Internet ou de télévisions. Ces phénomènes, conjugués à une forte compétitivité, ont mené plusieurs entreprises à effectuer d'importantes compressions. En 2008, qu'en est-il de l'information portant sur le monde rural ? Les grands médias nationaux traitent-ils toujours autant des questions touchant de près le monde rural ? Quel traitement réservent-ils aux nouvelles émanant des campagnes ? La « montréalisation » de l'information n'est-elle qu'un mythe ? Le monde rural a-t-il encore une voix suffisamment forte pour se faire entendre en 2008 ? |
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Florian Sauvageau Avocat et journaliste, Florian Sauvageau est professeur titulaire au Département d'information et de communication de
l'Université Laval à Québec. Il a mené pendant plus de vingt ans des carrières parallèles dans les médias et à l'Université
avant de se consacrer à l'enseignement et à la recherche à la fin des années 1980. Il a été directeur de l'information
et directeur de la rédaction au quotidien Le Soleil, a animé de nombreuses émissions à la radio et à la télévision de
Radio-Canada et a collaboré à la réalisation et à la scénarisation de plusieurs films documentaires. Il a été associé,
en 1968, à l'établissement à l'Université Laval du premier programme d'enseignement du journalisme au Québec et
y a créé, en 1996, en collaboration avec l'École supérieure de journalisme de Lille, le programme de diplôme d'études
supérieures en journalisme international. En 1985-1986, il a été coprésident du Groupe de travail sur la politique de la
radiodiffusion au Canada (Caplan-Sauvageau). Il est aussi directeur du Centre d'études sur les médias, qu'il a fondé en
1992, et vice-président du Consortium canadien de recherche sur les médias. | Gilles Gagné Gilles Gagné se passionne pour les milieux ruraux, dont il est un observateur privilégié, à titre de journaliste oeuvrant à
Carleton, en Gaspésie. Après cinq ans passés à Québec où il occupe différents emplois dans les domaines du tourisme et
de l'édition maritime, il choisit le retour en milieu rural en 1989, en devenant correspondant pour L'Acadie nouvelle dans
le Restigouche, puis, à compter de 1991, correspondant pour le quotidien Le Soleil. Ce diplômé de l'Université d'Ottawa
continue son travail de correspondant pigiste au Soleil encore aujourd'hui, en plus d'être rédacteur en chef pour
l'hebdomadaire anglophone SPEC, éditorialiste au journal Graffici et de collaborer au journal Pêche Impact. | Alain Saulnier Après avoir fait toutes ses études classiques au Collège Jean-de-Brébeuf, Alain Saulnier a obtenu un baccalauréat et
une maîtrise en science politique de l'Université d'Ottawa pour ensuite compléter sa scolarité de doctorat à l'UQAM,
en science politique.
Il a été tour à tour journaliste, recherchiste, réalisateur, coordonnateur d'émissions à la Télé de Radio-Canada et est arrivé
à la direction de la salle des nouvelles radio en 1997. Il est ensuite devenu directeur général de l'information radio. Il a
été un important artisan du virage opéré par la vice-présidence radio d'ouverture sur le monde dans la programmation
de la Première chaîne radio, particulièrement après les attentats du 11 septembre 2001. Il a été nommé directeur général
des services français d'information en 2006. C'est sous sa direction que le mouvement le plus important d'intégration de
la radio et de la télévision a été réalisé. Alain Saulnier est très connu dans le milieu journalistique puisqu'il a été très actif
au sein de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec durant sept ans, dont cinq à titre de président. C'est
sous sa présidence que le premier document officiel de déontologie journalistique a été adopté par toute la profession
au Québec. | Nathalie Verge Nathalie Verge est Secrétaire générale du Conseil de presse du Québec depuis juin 2005. À ce titre, elle est responsable
tant du processus de plainte, du soutien aux instances du Conseil que de la gestion des ressources humaines et financières.
Diplômée en droit et membre du Barreau du Québec, elle a travaillé comme attachée politique dans différents
ministères pour ensuite être nommée Directrice de cabinet du ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation.
Elle agira plus tard comme Directrice de cabinet du ministre d'État à l'Éducation et à l'Emploi puis du ministre
d'État à la Santé et aux Services sociaux. Avant de quitter le monde politique, elle était Directrice de la recherche et des
communications pour l'opposition officielle. Elle a ensuite occupé le poste de Secrétaire générale adjointe et conseillère
juridique à l'École Polytechnique de Montréal avant de se joindre au Conseil de presse. |
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[Résumé]
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Commentaire de Florian Sauvageau
Pour M. Sauvageau, directeur du Centre d'études sur les médias, il est devenu plus facile aujourd'hui de connaître les résultats d'une élection outre-mer que de savoir qui a été élu maire du village que l'on habite. Dans un contexte de mondialisation, l'information locale ne peut plus être traitée comme avant. En effet, les traditionnelles catégories internationales, régionales, locales, ne sont plus adaptées à la réalité du 21e siècle. Comment traiter un sujet local comme celui du port méthanier de Rabaska, par exemple, sans parler du contexte mondial qui amène sa création ?
Pour M. Sauvageau, la concentration des médias, mais non leur convergence, entraîne une « montréalisation » de l'information. Quant à l'information dite locale, elle est toujours aussi présente, mais s'est « allégée ». En effet, l'analyse du contenu des hebdos locaux démontre qu'on y trouve de plus en plus de nouvelles « légères » et de moins en moins de contenus « lourds », portant sur la santé ou les municipalités par exemple, ce qui peut laisser l'impression au citoyen d'être moins bien informé.
Les communications changent. M. Sauvageau raconte comment un collègue du Wisconsin lui a appris l'existence d'un bulletin Internet au Saguenay. Cette anecdote illustre bien la mondialisation de l'information. Il conclut en invitant les gens du monde rural à livrer bataille pour avoir accès à Internet haute vitesse plutôt que quelques lignes supplémentaires dans le journal car, pour lui, c'est par là que passe l'avenir de l'information.
Commentaire de Gilles Gagné
M. Gagné ouvre sa présentation en rappelant l'importance qu'avait autrefois l'information en Gaspésie dans les réseaux nationaux avec la présence d'une station télé de Radio-Canada, une émission de Télé-Québec et de multiple pages dans Le Soleil.
Or, cette visibilité de la Gaspésie dans les médias nationaux a progressivement fondu au fil des ans. L'émission de Télé-Québec a été abandonnée. La station de Radio-Canada, fermée, et le bulletin de l'Est-du-Québec est maintenant enregistré à Québec. Quant aux pages du Soleil, les textes sur l'Est-du-Québec se promènent d'un cahier à l'autre et sont réduits à une peau de chagrin.
M. Gagné déplore la situation, d'autant plus que les deux diffuseurs publics, soient Radio-Canada et Télé-Québec, ont des moyens financiers énormes qui leur permettraient de mieux couvrir l'ensemble du Québec. Mais ils font d'autres choix. S'ils étaient plus présents, cela forcerait les autres médias, selon monsieur Gagné, à faire mieux en matière de couverture régionale et à aplanir la fausse impression selon laquelle il existe deux Québec, un urbain, l'autre rural. En conclusion, il invite les médias à s'installer dans les régions lorsqu'ils y couvrent un événement, plutôt qu'à y passer une ou deux heures et à repartir.
Commentaire d'Alain Saulnier
M. Saulnier informe dans un premier temps les participants que le rapport du comité parlementaire de la Chambre des communes sur le rôle de Radio-Canada vient d'être rendu public. Ce rapport propose un financement stable pour les stations régionales. Il invite les participants à en prendre connaissance et à s'assurer qu'il aura des suites.
M. Saulnier rappelle par la suite qu'il avait dénoncé la fermeture des stations régionales de Radio-Canada, alors qu'il était président de la Fédération professionnelle des journalistes… Cependant, il rappelle également que Radio-Canada consacre aujourd'hui ses meilleures heures d'écoute à du contenu régional en radio.
Ceci étant dit, la proximité n'est plus rattachée au territoire. En effet, avec l'apparition des courriels, des blogues, etc., la proximité change graduellement de nature. Pour Radio-Canada, c'est donc la qualité qui devient le réel défi. C'est dans cette optique que la couverture de la Commission Bouchard-Taylor s'est faite dans toutes les régions du Québec à RDI et en cherchant sans cesse à analyser la question, plutôt qu'à la livrer à l'état brut.
Commentaire de Nathalie Verge
Madame Verge explique que le Conseil de presse effectue présentement une tournée du Québec pour voir ce que les citoyens pensent des médias et pour orienter les travaux du Conseil. Elle livre les principaux constats qui se dégagent de cette consultation. On note d'abord que le rôle rassembleur et social des médias s'effrite, que leur rôle d'entreprise est en voie de prendre le dessus sur leur rôle d'acteur du milieu. Par ailleurs, plusieurs déplorent qu'on trouve, dans les médias nationaux, la diffusion d'une vision folkloriste du monde rural.
Madame Verge indique également que les citoyens des villes centres semblent plus satisfaits de l'information qu'ils reçoivent que ceux vivant en périphérie, ceux-ci se disant peu informés de ce qui se passe dans leur milieu.
Les solutions possibles ne dégagent pas de consensus. Les gens ne sont pas prêts à payer leur hebdo. Ils soutiennent que l'information doit demeurer gratuite, ce qui veut dire moins de journalistes, plus de publicité, d'information légère et non compromettante. Les gens s'inquiètent par ailleurs du manque de relève en journalisme. Les bons journalistes qui se battent pour une qualité de l'information locale le font parce qu'ils aiment leur région. On s'inquiète de voir arriver de jeunes journalistes de l'extérieur, qui ont plus à cœur l'intérêt de l'entreprise que celui du milieu.
Madame Verge conclut sur quelques pistes de solutions possibles. Elle invite les participants à faire des représentations auprès des instances politiques régionales, auprès du CRTC pour avoir accès au câble et à Internet haute-vitesse. Elle évoque également la possibilité que les gouvernements appuient financièrement les salles de nouvelles régionales.
Les participants ont posé des questions sur les journaux communautaires comme alternative possible aux grands médias, sur certains choix de couverture de Radio-Canada ainsi que l'implantation de la technologie HD. De plus, la Gaspésie, où les décideurs ont choisi de soutenir les médias, en assurant ainsi une plus grande diversité et une plus grande qualité, a été citée en exemple. |
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